Désolée! Par manque de temps, cet article arrive un peu tard: le débat que j'ai essayé de retranscrire le plus fidèlement possible s'est déroulé sur RTL le 10 avril dernier. Vous pouvez écouter le débat complet ici.
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Débat entre Nadine Morano (NM), secrétaire d'Etat à la Famille (favorable à la législation), et Sylviane Agacinski (SA), philosophe, auteur de l'ouvrage "le corps en miette".
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RTL: Faites-vous une différence entre mère porteuse et femme porteuse?
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NM: Une femme porteuse porte l'embryon d'un couple pour ce couple; elle ne donne en rien son capital génétique. Une mère porteuse donne un ovocyte, porte et donne donc son propre enfant. La première est une gestatrice, ne fait que l'opération de "porter"; la deuxième une génitrice.
Je suis favorable uniquement à la légalisation des femmes porteuses, sinon il s'agit de donner son propre enfant.
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SA: Pour moi, c'est la même chose. Quelle est la formule la pire? "Gestatrice" fait un peu ouvrière d'enfant. Les américains appellent cela une mère de substitution: c'est une femme qui se substitue à une autre pour porter un embryon, assurer sa transformation jusqu'à ce qu'il soit un enfant prêt à naître et puis finalement le mettre au monde...Quand on a fait tout cela, on est une mère. En plus, la formule "gestation pour autrui" est mystificatrice car elle occulte cette phase si importante de l'accouchement. Donc il s'agit bien, comme l'a définit le groupe de réflexion du Sénat, d'une maternité pour autrui.
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NM: La problématique est de répondre à la stérilité féminine lors de l'absence ou de la malformation de l'utérus; ce sont des femmes qui peuvent être mère parce qu'elles produisent des ovocytes, qui peuvent faire un enfant, mais ne peuvent pas le porter à l'intérieur de leur corps...C'est une aventure humaine, un geste de solidarité, d'amour de la part des mères porteuses pour ces femmes stériles; et on voit à travers ces expériences humaines que ces femmes [les mères porteuses] ne se sont pas du tout attaché à l'enfant qu'elles ont porté, mais plutôt à la mère pour qui elles l'ont porté.
Dans ce pays, on a tendance à considérer que c'est l'acte de l'accouchement qui fait que la mère est la mère. Mais lorsqu'une femme porte un embryon qui n'est pas le sien, elle porte un enfant qui n'est pas le sien! Elle n'est pas la mère génétique. Je ne souhaite pas une marchandisation du corps, il faut une loi très encadrée. [...]
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SA: On pose un peu le problème à l'envers en disant: "il faut absolument trouver une solution pour les femmes qui sont sans utérus". Je ne veux absolument pas minimiser ce malheur. Mais le problème médical n'a pas forcément une solution médicale.
La marchandisation est inévitable: on utilise les organes du corps d'une femme pendant neuf mois, ce sera forcément payé! Ce n'est pas légitime, et non conforme au droit français, au respect du corps et de la personne. On ne peut imaginer que la mère porteuse le fasse de façon anonyme, et on ne peut pas éviter les formes de rémunérations: donner neuf mois de sa vie, avec la grossesse, l'accouchement et les risques que cela comporte. Le discours sentimental et psychologique sur l'altruisme, la solidarité, sert en réalité d'alibi pour couvrir quelque chose qui, partout où c'est permis dans le monde, recouvre un marché des ventes, un marché des femmes et par conséquent un marché des bébés...le "bébé-business"! Partout, les mères porteuses disent être motivées pas le besoin: elles le font toujours pour l'argent. Légaliser cette pratique, c'est ouvrir ce marché des ventres, qui va être soumis aux lois du marché et qui fonctionnera plus ou moins ouvertement ou en sous-main, comme il fonctionne aux États-Unis où tout s'achète et tout se vend.
Dire qu'on peut légaliser la pratique en évitant la marchandisation, c'est faire preuve d'une candeur absolument coupable: si on légalise, demain ce sera un usage de convenance et pourquoi limiter cette pratique uniquement aux femmes sans utérus? Imaginons une femme qui pour sa carrière n'a pas envie de porter son enfant, elle finira par utiliser une mère porteuse...
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Débat entre Nadine Morano (NM), secrétaire d'Etat à la Famille (favorable à la législation), et Sylviane Agacinski (SA), philosophe, auteur de l'ouvrage "le corps en miette".
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RTL: Faites-vous une différence entre mère porteuse et femme porteuse?
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NM: Une femme porteuse porte l'embryon d'un couple pour ce couple; elle ne donne en rien son capital génétique. Une mère porteuse donne un ovocyte, porte et donne donc son propre enfant. La première est une gestatrice, ne fait que l'opération de "porter"; la deuxième une génitrice.
Je suis favorable uniquement à la légalisation des femmes porteuses, sinon il s'agit de donner son propre enfant.
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SA: Pour moi, c'est la même chose. Quelle est la formule la pire? "Gestatrice" fait un peu ouvrière d'enfant. Les américains appellent cela une mère de substitution: c'est une femme qui se substitue à une autre pour porter un embryon, assurer sa transformation jusqu'à ce qu'il soit un enfant prêt à naître et puis finalement le mettre au monde...Quand on a fait tout cela, on est une mère. En plus, la formule "gestation pour autrui" est mystificatrice car elle occulte cette phase si importante de l'accouchement. Donc il s'agit bien, comme l'a définit le groupe de réflexion du Sénat, d'une maternité pour autrui.
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NM: La problématique est de répondre à la stérilité féminine lors de l'absence ou de la malformation de l'utérus; ce sont des femmes qui peuvent être mère parce qu'elles produisent des ovocytes, qui peuvent faire un enfant, mais ne peuvent pas le porter à l'intérieur de leur corps...C'est une aventure humaine, un geste de solidarité, d'amour de la part des mères porteuses pour ces femmes stériles; et on voit à travers ces expériences humaines que ces femmes [les mères porteuses] ne se sont pas du tout attaché à l'enfant qu'elles ont porté, mais plutôt à la mère pour qui elles l'ont porté.
Dans ce pays, on a tendance à considérer que c'est l'acte de l'accouchement qui fait que la mère est la mère. Mais lorsqu'une femme porte un embryon qui n'est pas le sien, elle porte un enfant qui n'est pas le sien! Elle n'est pas la mère génétique. Je ne souhaite pas une marchandisation du corps, il faut une loi très encadrée. [...]
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SA: On pose un peu le problème à l'envers en disant: "il faut absolument trouver une solution pour les femmes qui sont sans utérus". Je ne veux absolument pas minimiser ce malheur. Mais le problème médical n'a pas forcément une solution médicale.
La marchandisation est inévitable: on utilise les organes du corps d'une femme pendant neuf mois, ce sera forcément payé! Ce n'est pas légitime, et non conforme au droit français, au respect du corps et de la personne. On ne peut imaginer que la mère porteuse le fasse de façon anonyme, et on ne peut pas éviter les formes de rémunérations: donner neuf mois de sa vie, avec la grossesse, l'accouchement et les risques que cela comporte. Le discours sentimental et psychologique sur l'altruisme, la solidarité, sert en réalité d'alibi pour couvrir quelque chose qui, partout où c'est permis dans le monde, recouvre un marché des ventes, un marché des femmes et par conséquent un marché des bébés...le "bébé-business"! Partout, les mères porteuses disent être motivées pas le besoin: elles le font toujours pour l'argent. Légaliser cette pratique, c'est ouvrir ce marché des ventres, qui va être soumis aux lois du marché et qui fonctionnera plus ou moins ouvertement ou en sous-main, comme il fonctionne aux États-Unis où tout s'achète et tout se vend.
Dire qu'on peut légaliser la pratique en évitant la marchandisation, c'est faire preuve d'une candeur absolument coupable: si on légalise, demain ce sera un usage de convenance et pourquoi limiter cette pratique uniquement aux femmes sans utérus? Imaginons une femme qui pour sa carrière n'a pas envie de porter son enfant, elle finira par utiliser une mère porteuse...
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